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BioCosme

LA PHILOSOPHIE BIOCOSME

NOUS

Par Geneviève Lavoie, Biologiste

 

Nous vivons sur une planète unique en son genre, où toutes les conditions nécessaires au développement de la vie sont réunies. Distance Terre-Soleil parfaite, rotation et inclinaison permettant une alternance jour/nuit juste à la bonne vitesse, composition minérale et gazeuse idéale pour la création de molécules organiques... Tout ça issu de la mince probabilité que toutes ces conditions se rencontrent au même endroit, au même moment... Timing parfait dans l'Univers quelques minutes après le Big Bang!!!! La stabilité de ces conditions a permis à la vie de se développer, atteignant des niveaux d'évolution et de spécialisation inimaginables. Et je ne parle pas de l'Humain. Je parle de ces espèces vivantes que nous côtoyons qui étaient là bien avant nous et qui ont résisté à bien des conditions variables. À l'échelle de la vie planétaire, l'humain n'est qu'une nouvelle espèce émergente. Pensons, par exemple, à certaines espèces de fourmis qui pratiquent l'agriculture depuis plus de 50 millions d'années, alors que nous, Homo Sapiens, le faisons depuis seulement 10 000 ans! Ces bactéries vieilles de 4,5 milliards d'années et qui maintenant peuplent tous les raccoins possibles et impossibles de la planète, êtres vivants compris! Ou à ces insectes vieux de 250 millions d'années qui ont atteint le summum du camouflage en imitant les feuilles et les branches à la perfection. Le secret de la longévité de ces espèces: l'équilibre avec le milieu. Tout simplement.


Nous, humains, sommes une nouvelle espèce. Nous sommes caractérisés par un encéphale développé, un pousse préhenceur, une position debout et la capacité à transmettre notre savoir à la génération suivante. Nous sommes ingénieux et développons nos technologies rapidement. Nous les développons toutefois graduellement, étape par étape, en mettant notre savoir en commun. L'humain est curieux, il veut comprendre et maîtriser le monde qui l'entoure. Il cherche à comprendre la source des problèmes qu'il rencontre, il cherche des solutions et il en trouve. Il est très créatif. Il atteint bien souvent ses buts. Il apprend de ses erreurs, mais aussi en observant celles des autres. Il forme des communautés de pensées selon les disciplines qui touche sa propre existence.



Nous sommes au tout début de notre existence. Nous sommes à l'étape de la maîtrise du milieu: sa compréhension, la compréhension de notre influence sur celui-ci. Nous nous rendons compte de notre pouvoir de destruction sur celui-ci et des répercutions si nous n'en tenons pas compte. Notre développement de la pensée et les expérimentations que nous en avons fait au cours de l'histoire de l'Humanité nous ont éloigné peu à peu d'un fait que nous ne pouvons plus ignorer maintenant: nous sommes des organismes vivants de la classe animale et nous avons besoin, comme tous les autres organismes vivants, d'établir une relation étroite avec notre écosystème. L'écosystème est notre support biologique. C'est ce qui fait que la société cellulaire dont nous sommes individuellement choyés et responsables, c'est à dire notre corps, peut vivre. Impossible de s'en dissocier. Nous en émergeons, nous sommes issus de l'évolution des êtres qui la composent.


En ce moment, fin 2008, nous sommes absolument en mesure de comprendre que certains éléments de notre mode de vie sont défaillants au niveau de l'équilibre avec notre milieu. Notre surconsommation de biens transformés perturbe notre environnement. Nous prenons de notre écosystème des molécules à l'état brut et les transformons en molécules chimiques non-réutilisables. Nous saturons l'air de gaz carbonique alors que nous coupons les forêts qui seraient en mesure de réassimiler une partie de ce carbone. Nous remettons d'ailleurs en circulation dans le cycle du carbone des molécules qui étaient alors retirées du cycle et entreposées sous forme de pétrole depuis des millions d'années. De tout cela, il en résulte une perturbation climatique à l'échelle planétaire. Ce n'est quand même pas rien! Les glaciers fondent, les espèces tropicales migrent en haute altitude où le climat est plus frais.  Nous épuisons les océans par la surpêche, au point de redonner le règne aux méduses, faisant ainsi reculer l'évolution marine de quelques millions d'années, sans compter les répercussions sur l'alimentation de l'Humain lui-même. Au rythme où nous allons, nous allons épuiser les ressources qui nous sont allouées et nous nous mènerons à notre propre extinction, Nous ne serons qu'une étincelle dans l'histoire de la vie, un craquement d'allumette pas assez fort pour même engendrer une flamme. Certains comparent notre extinction à celle des Dinosaures, mais prenons en compte que ceux-ci ont tout de même existés durant 50 millions d'années!


Nous n'avons probablement pas fini d'évoluer. Du moin, notre évolution future en tant que société ira dans le sens que nous le déciderons. Nous avons la capacité d'apprendre de nos erreurs et d'appliquer des solutions déjà existentes. Le Nous est formé d'individus en mesure d'activer des changements et ces individus, c'est Nous.  Qui d'autre que nous va s'occuper de Nous? S'il est quelques extra-terrestres qui soient, ils doivent bien se marrer en nous observant et ont parti le décompte, attendant le moment où ils pourront venir passer leurs vacances sur notre petit paradis terrestre...


Afin que notre espèce perdure, nous devons connaître, comprendre  et respecter les autres êtres vivants qui nous entourent.... pour la plupart, ce sont nos alliés biologiques.